Salah Hamouri, l’otage qui dérange…

Publié le par Journal L'Autre-ment

 

Article paru dans l'Autre-ment numéro 8 en Novembre 2008.

SALAH HAMOURI,

L'OTAGE QUI DERANGE...

 

 photo salah      L’indifférence du gouvernement français face à la détresse d’un franco-palestinien montre une fois de plus sa politique de « deux poids, deux mesures ».

      Le 13 mai 2005, Salah Hamouri, franco-palestinien de 23 ans, est venu grossir les rangs des quelques 11 000 prisonniers palestiniens incarcérés dans les prisons israéliennes. Après plus de trois ans de détention, le tribunal militaire a rendu sa décision et l’a condamné à une peine de 7 ans de prison pour complot et appartenance au mouvement de jeunesse du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP).

      Mais d’autres faits sont venus alimenter ce qui constitue un jugement sans fondement. Quelques mois avant son arrestation à un checkpoint, il était passé, de nuit, en voiture devant la maison du chef spirituel d’extrême droite, Ovadia Yossef. Ce rabbin du parti Shass, parti connu pour sa virulence à l’égard des palestiniens, considère qu’il a été victime d’une tentative d’assassinat. Après 3 ans de détention, et malgré le défaut de preuves matérielles et de témoins contre Salah, la sanction est tombée. Dans l’indifférence.

 

      Néanmoins, la mobilisation pour sa libération s’intensifie en France depuis quelques mois, avec la création d’un  comité de soutien le 16 octobre dernier, sous l’impulsion de l’ancien député communiste, Jean-Claude Lefort.

      Lors d’une conférence de presse au Sénat, la situation de Salah est mise au grand jour. De nombreuses associations sont présentes aux côtés de responsables politiques tels que Monique Cerisier-Benguiga, sénatrice et présidente du groupe de contact France-Territoires Palestiniens et de Hind Khoury, déléguée générale de la Palestine en France.

 

      Le gouvernement adopte lui la politique de l’autruche concernant cette affaire. La mère de Salah a interpellé à plusieurs reprises les pouvoirs publics pour qu’ils œuvrent à la libération de son fils, ressortissant français. Rama Yade, secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme, répondra qu’elle ne peut pas intervenir dans la mesure où la procédure juridictionnelle israélienne est souveraine. Autrement dit, l’impunité des tribunaux militaires n’est pas dénoncée par celle qui est censée défendre les Droits de l’Homme.

 

      Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a fourni l’excuse d’un agenda chargé pour ne pas rencontrer la mère de l’otage. Dans cette indifférence générale, le gouvernement a récusé toute analogie avec l’affaire Gilad Shalit. L’enlèvement du soldat franco-israélien le 25 juin 2006 alors qu’il était en patrouille dans la bande de Gaza avait fait évènement médiatique. Plein d’indignation, les grands médias avaient largement relayé l’affaire. Et depuis le mois juillet dernier, la photo du soldat est érigée dans le jardin Yitzhak Rabin (12e arrondissement de Paris), ce qui n’est pas sans nous rappeler la photo géante déployée sur la mairie de Paris en soutien à Ingrid Bétancourt détenue par les FARC pendant 6 ans. La diplomatie française avait alors tout tenté, au point d’organiser des missions en Colombie pour libérer la franco-colombienne.

 

      La république française semble moins motivée à se saisir véritablement de ce dossier, de peur probablement de froisser Israël. On attend néanmoins le même engouement pour Salah, victime d’une erreur judiciaire et de l’arbitraire des tribunaux israéliens. Lors de l’affaire de l’Arche de Zoé, un certain Sarkozy avait affirmé : « j’irai chercher tous [les français], quoi qu’ils aient faits »…

 

      Aujourd’hui, il lui reste 4 années de prison à purger. Une pétition pour sa libération est disponible sur le site de l’AFPS : www.france-palestine.org

 

Sandrine

 

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